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DamienTremollet : 11/06/2011 22:10:31 |
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Dossier publié le 03/06/2011 à 02:08
Six mois après ses dernières compositions pour Inazuma Eleven, le compositeur Yasunori Mitsuda nous a accueilli le mois dernier dans son studio flambant neuf, au cœur de Tokyo, pour un entretien riche en informations et en bonne humeur.
1. Techniques de composition
2. Composer pour le dessin animé, composer pour le jeu vidéo
3. Téléchargement illégal ; image de marque
4. Football et musique : Inazuma Eleven
5. Chrono Cross : Kishôten... ketsu
6. Seiyû ; influences
Quelle est votre façon de procéder lorsque vous composez une nouvelle musique ?
En général, pour les animés et les jeux, je reçois d'abord des dessins et le scénario. Je consulte attentivement ces matériaux et m'assure d'en avoir bien compris le contenu avant d'établir un schéma graphique des relations entre les personnages. Je situe le héros, l'héroïne, leurs adversaires, etc. C'est en voyant que tel ou tel personnage s'oppose à tel ou tel autre que je peux décider, par exemple, d'utiliser un même motif pour des personnages liés.
Oui, ce n'est qu'après avoir dessiné un plan général que je compose.
En voyant les dessins, j'ai tout de suite des idées de musique, oui. Je procède toujours de cette façon.
Généralement, j'utilise un piano ou une guitare. J'importe ces données dans mon ordinateur puis je commence l'arrangement. Je construis d'abord l'ossature du morceau, ensuite j'arrange en étoffant petit à petit.
Ma façon de composer a beaucoup changé.
Aujourd'hui, on a un plus large éventail de possibilités, on peut aussi bien utiliser l'ordinateur que les partitions : les façons de voir l'œuvre musicale sont nombreuses et l'horizon s'est considérablement élargi. Néanmoins, on ne peut pas dire que ce soit plus simple. Au contraire, je me demande si ça ne réclame pas plus de temps qu'avant. D'un autre côté, on peut désormais créer avec une grande précision.

Yasunori Mitsuda dans son nouveau studio
À vrai dire, je suis très libre. Comme je le disais tout à l'heure, j'établis d'abord une image à partir des matériaux qu'on me donne, ensuite j'écris le morceau puis je le fais écouter et s'il n'y a pas de problème avec l'orientation que j'ai choisie, je continue à ma guise. En fait, je ne reçois pas vraiment de directives sur l'univers ni sur le genre.
Tout à fait ! Même si ce genre de contraintes aussi est intéressant ! Parfois, je me dis que je vais essayer de composer une musique qui n'existe pas, ou bien que je vais utiliser seulement certains instruments pour mieux coller à l'univers de l'œuvre.
Oui, très souvent, je suis un rebelle ! (rires)
Il y en a beaucoup. Par exemple insérer des éléments de musique contemporaine alors qu'il s'agit d'une œuvre ciblant les enfants, ou encore essayer de faire sonner des instruments de façon différente. Si ce sont des percussions, en utilisant autre chose que les baguettes utilisées habituellement, etc. Ces derniers temps, je m'amuse avec ce genre d'expérimentations.