ITW: Doublages en français

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Dossier publié le 01/02/2010 à 08:04

Entrevue avec des professionnels du doublage

 

Le doublage est l'atout majeur de l'ambiance d'un anime. Lors d'un passage à Bruxelles, nous avons eu l'occasion de participer à une séance d'enregistrement dont voici quelques propos recueillis avec l'aimable participation de plusieurs professionnels de l'entreprise de doublage Chinkel.

La personne en charge de chaque projet se nomme chargé de production. Occupant ce poste aux studios Chinkel à Bruxelles, Alice Peckel, nous offre plusieurs informations pratiques sur les habitudes des comédiens de doublage. 

 

Wakanim : Quelles sont les activités de votre entreprise?

Alice Peckel : Nous faisons principalement du doublage de film, téléfilm, animation. Ici, nous faisons beaucoup de Telenovelas, c'est-à-dire des séries hispaniques avec énormément de dialogues. D'un point de vue financier, c'est intéressant car les comédiens sont payés à la ligne. Nous avons ici seulement deux studios mais nous en louons d'autres lorsque que nous avons plusieurs projets en même temps. Pour l'animation, nous avons travaillé sur des séries comme Naruto, Zorori ou encore Pokemon et One Piece.

 

Wakanim : Quel est l'emploi du temps d'un comédien du doublage?

Alice Peckel : Cela dépend du lignage à effectuer. Les comédiens sont en général engagés entre 9h et 18h, mais il arrive qu'ils travaillent le soir car certains d'entre eux ont d’autres impératifs en journée. Ils travaillent par service qui peut varier d'une heure et demi à plus de douze heures. Au plus ils ont de lignes à faire dans la journée, au plus il aura de services.

 

Wakanim : Quels sont vos projets actuels en animation japonaise ?

Alice Peckel : Actuellement, nous n’avons plus beaucoup de projets d’animation japonaise en cours, ici chez Chinkel Belgique. Le dernier en date était Zorori, une série qui s'est terminée il y a peu.

 

Wakanim : J’imagine qu'il est préférable pour vous d'avoir des séries longues?

Alice Peckel : Oui, c'est assez intéressant pour nous car elles produisent souvent d'autres médias par la suite en fonction de leur notoriété comme des films ou des représentations sur internet pour les comédiens, etc.

 

Wakanim : Est-ce que les comédiens écoutent l'intégralité de la version originale avant d’enregistrer pour s'en inspirer ?

Alice Peckel : C'est normalement le travail du directeur artistique mais il arrive parfois  qu'il délègue alors le travail qui préparera ses plans. Il regarde la totalité des « V.O. » et fait lui-même le choix pour les voix. Il arrive parfois que moi aussi je m’applique à créer les plans pour certaines séries. Si un nouveau personnage apparaît, je choisis parmi les comédiens un personnage à la voix ressemblante. Il y a parfois des clients qui veulent que l'on soit le plus proche possible de la version originale alors que d’autres nous laissent un grand champ d’action. Ça dépend vraiment d’un projet à l’autre. Malgré le fait que les gens préfèrent entendre des voix proches de la version originale, il arrive que les clients ou le directeur artistique décident de changer complètement la voix afin de s’adapter un peu plus aux habitudes des spectateurs francophones. Pour les dessins animés japonais, il arrive que des coaches viennent pour aider les comédiens à suivre les expressions typiquement japonaises. La qualité des doublages d’œuvres japonaises s’est quand même largement améliorée, notamment grâce aux décisions du directeur artistique. Concernant les comédiens, ils écoutent effectivement la V.O. afin de s'imprégner pour enregistrer la version française.

 

Wakanim : D’où viennent les comédiens ? Quelle formation suivent-ils ? Y a-t-il des écoles spécifiques pour devenir comédien de doublage ?

Alice Peckel : La plupart sortent du conservatoire et sont comédiens de théâtre. Ils se retrouvent ici parce qu’ils ont pris conscience du potentiel de leur voix. Quelques uns ont fait bien d’autres expériences avant. La difficulté vient de la lecture de la « bande rythmo » tout en regardant l’image et en donnant de l’expression au personnage. On retrouve alors une difficulté absente du théâtre où l'on peut voir le texte à l’avance. Pour une série avec un budget moyen, les comédiens n’ont pas le temps de tout regarder, c’est donc le directeur artistique qui leur explique ce qui s’est passé avant et après, afin de s’imprégner de l’histoire.

 

Wakanim : Concernant les modifications de voix, par exemple, quand un personnage à un cigare en bouche, etc ?

Alice Peckel : Dans ce cas, le comédien met son doigt dans sa bouche. Ou alors lors des scènes de baisers, il embrasse sa main. Mais la plupart des bruitages et des effets sonores sont faits lors du mixage après les enregistrements, comme les voix au téléphone, les voix en écho, etc. Pour les voix en extérieur, on utilise une sorte de rideau pour simuler les extérieurs et intérieurs.

 

Pour savoir comment se déroulent tous ces choix et quels sont les problèmes qui peuvent subvenir face à de tels projets, Emmanuel Lienart, le directeur artistique du studio Chinkel nous fait part de ses anecdotes.

 


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