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Visite d'un studio coréen

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Dossier publié le 08/06/2010 à 10:40

Pourquoi avoir choisi la date du 1er avril 2011 pour la sortie du film ?

 

Dans l’histoire, tout se passe le premier avril. Nous en avons donc fait un point de repère. Ce serait bien que le film sorte à cette date mais, vous savez, la création d’une œuvre est pleine de paramètres incontrôlables et il se peut que cette date change. Même si la production du film est achevée avant le premier avril, il faut aussi prendre en compte les contraintes de distribution. Nous ne pouvons par conséquent pas être certains que nous pourrons le diffuser à cette date mais nous la gardons en tête.

 

 

Quelles sont d’après vous les caractéristiques de l’animation française ?

 

D’abord, je voudrais dire que j’admire Les triplettes de Belleville. Je pense que c’est une œuvre qu’il serait difficile de créer en Corée parce qu’elle a beaucoup de particularités artistiques et qu’elle peut aussi bien être vue par des enfants que par des adultes. Par ailleurs, quand je vois des œuvres de Michel Ocelot, je me dis que sa patte est immédiatement reconnaissable. Au Japon et en Corée du Sud, beaucoup de dessins animés ont une vocation purement commerciale, c'est pourquoi on m'a souvent demandé si je ne faisais pas The Moon pour l'argent. D'ailleur comme vous lisez attentivement un secret est caché ici.

 

En France, j’aime le fait que l’on trouve souvent dans les films un esprit artistique, artisanal. En regardant par exemple le site internet des Gobelins, j’ai vu beaucoup d’œuvres plutôt magnifiques, y compris avec de la 3D.

 


À la façon de Michel Ocelot, donnez-vous à ce projet votre couleur ?

 

Je dirais que c’est moitié moitié. Bien sûr, je ne renonce pas à donner ma couleur au film. Cela dit, comme la direction que j’envisage avec ce film n’est pas incompatible avec un aspect commercial, il faut que je m'accorde un petit peu. Si je n’y parviens pas, je n’aurai plus qu’à dissocier définitivement mon style et le côté commercial d’un projet.

 

Quelles sont, selon vous, les caractéristiques de l’animation coréenne ?

 

C'est une question difficile... (Il rit puis réfléchit de longues secondes) Jusque dans les années 80, il y avait énormément de commandes venant du Japon ou des Etats­-Unis. Au début des années 90, alors que les animateurs coréens assimilaient de nouvelles techniques, de nombreux projets ont été lancés mais il n’y avait pas de place pour eux et beaucoup ont été des échecs.

 

Aujourd’hui, on a atteint un certain pallier pour ce qui est de l’artistique mais… Ah, c’est vraiment une question difficile (rires). Je vais parler de façon générale. On est aujourd'hui dans une situation où les œuvres sont pour beaucoup créées pour les enfants. Les dessins animés commerciaux destinées au jeune public sont très actifs, on peut par exemple citer Pororo.

 

Beaucoup de départements d’animation ont vu le jour dans les universités, ce qui fait que beaucoup de jeunes peuvent se lancer tout en étudiant. C'est ainsi que des jeunes de 20 ou 30 ans peuvent se perfectionner dans des studios d'animation pendant leurs études.

 

Avant, nous ne faisions que créer pour le compte d’autres sociétés et nous étions un peu prisonniers d'un moule alors qu'aujourd'hui, notre couleur finit par se sentir.

 

 

Le gouvernement coréen soutient-il l’animation ?

 

Des organismes comme le KOCCA (Korea Content Information System) et l'IPI (Industrial Promotion Institute) soutiennent activement le cinéma, le manga et l'animation. Au sein de l'IPI, on trouve un centre qui se charge à la fois du manga et de l’animation et qui les encourage. Tous les ans, des courts et longs métrages bénéficient ainsi d'une aide de la part de cet organisme... Les montants des aides financières ont tendance à augmenter avec le temps.

 

--

 

 

À la fin de l'interview, Lee Myung-Ha nous a demandé de lui confirmer que c'était bien la japanimation qui est la plus populaire en France avant d'idiquer qu'il aimerait bien connaître l'avis du public français à propos de The Moon. Il nous a également offert Sauna Man (couverture ci-contre), un ouvrage publié uniquement en Corée du Sud qu'il a écrit et illustré : « Ce livre parle des moments plus ou moins heureux d'un travailleur qui a entre 20 et 30 ans. J'avais dessiné tout ça sans intention mais j'ai eu l'occasion de le publier. »

 

 

Nous espérons de tout cœur que The Moon sera montré en Occident l'année prochaine. Pourquoi pas dans le cadre du festival d'Annecy ?

 

Pour voir plus d'images extraites du film, rendez-vous sur cette page du site officiel d'Union Cho. Un avant-goût en mouvement est disponible à cette adresse.

 

 

 

Merci à Jeong Min-Yeong pour la traduction, Cho Youn-Hyung pour sa gentillesse et Lee Myung-Ha pour sa disponibilité et son accueil.

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