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Caziro : 21/06/2012 14:05:59 |
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Dossier publié le 22/07/2010 à 11:53
Alors qu'on en a encore assez peu entendu parler en France, Karigurashi no Arrietty, le dernier film issu du studio Ghibli, est sorti le 17 juillet au Japon.
Inspiré d'un roman de la Britannique Mary Norton, ce long-métrage de 94 minutes a été réalisé par Hiromasa Yonebayashi, 37 ans à la sortie du film, sur un scénario de l'inévitable Hayao Miyazaki. Karigurashi no Arrietty raconte le quotidien d'une famille de petits hommes vivant des larcins qu'ils effectuent la nuit.
Arrietty et ses parents, Homily (mère craintive et bavarde) et Pod (père aimant discret), vivent paisiblement et modestement dans un logement de la taille d'une grosse boîte à chaussures situé sous le parquet d'une maison de campagne. Une règle prévaut dans la famille : il ne faut d'aucune façon être découvert par les humains. C'est donc au père d'Arrietty, fort et habitué aux vols de nuit, que revient la tâche d'investir la maison des humains pour rapporter à sa femme et à sa fille ce dont elles ont besoin pour vivre.

Avant d'atteindre l'âge requis pour accompagner son père la nuit, Arrietty a déjà plusieurs fois quitté la maison en douce, la plupart du temps pour arracher dans le jardin des herbes aromatiques ou des fleurs qu'elle utilisera pour décorer sa chambre. C'est pourtant le soir de son initiation officielle qu'elle voit pour la première fois l'intérieur de la maison. C'est également à ce moment que le spectateur prend véritablement conscience du potentiel d'imaginaire que constitue la différence d'échelle entre les humains et la famille d'Arrietty. Il l'avait déjà présumée en voyant la mère d'Arrietty servir des tasses de gouttes de thé, il la comprend mieux en découvrant que les souris équivalent à la taille d'une vache pour un humain ou encore que l'horloge et le réfrigérateur percent la nuit avec un bruit aussi assourdissant qu'effrayant.
Le grand soir venu, la mission consiste pour Arrietty et son père à rapporter au foyer un carré de sucre et un mouchoir en papier, autrement dit, des provisions pour plusieurs mois. C'est équipé d'un attirail approprié à sa taille (crochet et fil de pêche, ruban adhésif...) que Pod montre méthodiquement à sa fille comment parcourir l'intérieur des murs de la maison, descendre des cadres en rappel, escalader les tables, etc. Enthousiaste et dégourdie, Arrietty se montre à l'aise dans son rôle, jusqu'à ce que la mission se gâte...

Premier constat, face au film : nous sommes bien en présence d'un Ghibli. Les décors sont parfaitement soignés, les personnages sont, des expressions au caractère, typiques de la maison et la nature est omniprésente. S'il fallait situer ce Karigurashi no Arrietty par rapport aux autres œuvres du studio, ce serait sans doute quelque part entre Kiki la Petite Sorcière et Mon Voisin Totoro. En effet, hormis l'argument de base du film, ici : la taille des « chapardeurs », l'histoire baigne dans un environnement réaliste. Par ailleurs, les personnages ne semblent à aucun moment pouvoir être gravement mis en danger par une entité maligne, quelle qu'elle soit. Cela ne signifie pas pour autant que les enjeux sont inexistants ni que l'aventure d'Arrietty est ennuyeuse.

Il est plus juste de dire que Karigurashi no Arrietty est un film contemplatif qui nous renvoie en enfance en nous rappelant par exemple que la plus simple des maisons fourmille de mille et une richesses. Du cloporte utilisé comme un ballon aux timbres considérés comme des posters, nombreux sont les détails qui ont entraîné dans la salle des vagues de sourires sur les visages des enfants comme sur ceux des plus âgés. Heureusement, et c'est la marque des films invités à plaire à un large public, Karigurashi flirte avec les bons sentiments sans jamais y céder entièrement.
Un mot sur la musique, composée par la Bretonne Cécile Corbel* : il est indéniable qu'il s'agit d'un des piliers du film. Si le spectateur peut d'abord être surpris par le fait que la plupart des musiques soient chantées, il ne peut que se rendre à l'évidence : le choix de la harpiste celtique n'était pas un coup de folie et il devient impossible, après avoir vu le film, de dissocier le monde d'Arrietty de celui de Cécile Corbel. Mention spéciale à la séquence où Arrietty escalade la maison avec en fond sonore une version instrumentale de la chanson-thème du film.

Hiromasa Yonebayashi prouve avec Karigurashi no Arrietty qu'il est davantage qu'un excellent animateur et que l'on pourra sans inquiétude compter sur lui à l'avenir. Enfin, mais sans rien révéler, il est certain que le dénouement du film n'a pas fini de faire parler. Il confirme dans tous les cas l'idée que le non-dit est un formidable élément de narration.
*Une interview exclusive de Cécile Corbel est en ligne sur Wakanim.
©2010 GNDHDDTW