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ITW : Cécile Corbel

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Dossier publié le 29/07/2010 à 11:21

 

Vous aviez une ligne directrice ?

 

Nous avons travaillé sur le scénario, qu'on nous a envoyé traduit en anglais ainsi que sur les dessins (croquis ou décors mis en couleur). [Le réalisateur], M. Yonebayashi, nous a aussi écrit de petits poèmes traduits en anglais illustrant des thématiques, des lieux, des sentiments du film. Sur chacun de ces poèmes, il fallait créer une chanson. Ceux-ci posaient et les paroles et le climat, c'était donc une base importante pour la composition.

 

 

Comment s'est déroulée votre collaboration avec l'équipe du film ?

 

Tout s'est fait par échange de mails. Nous avions les musiciens et les studios à Paris, c'est pour ça qu'on a tout enregistré à Paris.

 

Il y a une petite anecdote amusante qui date de l'été 2009. Nous avons réussi à faire venir une équipe de Ghibli au festival de harpe de Gargilesse, un village classé du fin fond du Berry ! Ils voulaient me voir en concert, avec les musiciens, etc. Le soir, on leur a réservé un hôtel dans un château, comble de l'exotisme pour eux. Il n'y a pas de gare et nous avons dû réserver leur train, louer une voiture, etc. Ils sont venus jusqu'à Gargilesse (rires) !

 

 

 

Dans quelle mesure avez-vous dû adapter votre style de composition au film ?

 

Comme je le disais, j'ai vraiment fait comme si je composais pour un futur album personnel. C'était très agréable puisqu'on m'avait mâché le travail avec les petits poèmes de M. Yonebayashi. Il ne restait qu'à se laisser porter, à écrire une mélodie et des textes. Écrire les textes en anglais était un peu plus laborieux car, même si je le parle, ce n'est pas ma langue maternelle.

 

 

 

Le japonais est une langue très musicale. A l'avenir, aimeriez-vous encore enregistrer dans cette langue ?

 

De façon étonnante, je n'ai pas eu de grande difficulté à prononcer ces paroles. Quand on a composé la chanson principale, on a reçu une démo avec une chanteuse qui avait « préchanté » pour m'indiquer la prononciation. À part une ou deux minuscules corrections après coup, nous nous en sommes bien sorti ! C'est très agréable à chanter, il y a de très beaux sons bien découpés.

 

Recommencer, pourquoi pas ! Si on m'avait demandé de chanter d'autres chansons en japonais, je l'aurais fait ! En tout cas, pour apprendre le japonais, on nous a conseillé d'aller dans les bars et les karaokés.

 

 

Comment avance votre apprentissage de la langue ?

 

Je tente d'apprendre depuis le début de cette aventure car j'ai pensé que c'était la moindre des choses. J'ai acheté des méthodes mais sur un livre de quarante leçons, je ne suis qu'à la treizième depuis pas mal de temps. Quand on découvre qu'après avoir appris un premier alphabet, il y en a un suivant, et en plus des kanji... C'est assez décourageant (rires). Depuis que je suis arrivée au Japon, je pioche quelques caractères et ça va doucement. J'attrape des mots en vol et je sens que j'ai progressé en reconnaissant des mots. Nous regardons pas mal de dessins animés d'animation en version originale et sous-titrée.

 

Est-ce que je peux dire que j'aime bien la J-pop ? (rires)

 

En plein boulot sur les chansons, nous nous sommes intéressés à ce qui se faisait au Japon, nous sommes allés voir les nouveautés, etc. Nous avons trouvé des choses super, très commerciales mais d'une efficacité splendide, avec des mélodies très accrocheuses.

 

 

 

Par rapport à la pop française par exemple ?

 

Il y a des mélodies très fortes, plus longues que dans la pop française car il y a besoin de plus de pieds pour un couplet mais le rythme est plus filandreux. C'est aussi plus décomplexé, plus funky que notre variété. Il y a des choses très musiciennes, même pour dans le « mainstream ». On trouve par exemple des mesures composées ou coupées...

 

 

 

Pour en revenir à l'animation, pouvez-vous nous parler de ce que vous aimez en particulier ?

 

J'avoue que je connaissais surtout Ghibli, de même que j'ai vu les classiques comme Ghost in the Shell ou Akira. Quand j'étais enfant, j'ai aussi vu les dessins animés comme tout le monde, sans savoir que c'était japonais. Mais depuis le début du projet, nous sommes devenus un peu plus curieux sur le sujet. Nous avons vu Les douze royaumes, Origine, Un été avec Coo, etc. Je ne suis pas une experte mais je suis assez réceptive au genre.

 

 

 

Trouvez-vous une particularité aux musiques de dessins animés japonais ?

 

De ce que j'ai vu, la musique a toujours une bonne place. Et j'avoue que j'aime bien les génériques (rires). Les voix japonaises sont assez mignonnes.

 

 

Pour ce qui est des musiques dans les séries, c'est très varié, parfois inégal. Sur l'animation, je suis très touchée par les dessins animés japonais car il y a toujours une vraie histoire. Ce n'est jamais bête avec simplement le bien contre mal, on trouve toujours une petite torsion quelque part.

 

 

En ce qui concerne la musique celtique, savez-vous comment elle est perçue au Japon ?

 

La musique celtique est apparue au Japon à travers la folk dans les années 70 où tout le monde a commencé à aimer la country, la folk américaine, des musiques très irlandaises. Si on va chez des gens de cinquante ou soixante ans au Japon, on trouvera souvent des disques de Bob Dylan dans leur discothèque. Dylan, c'est vraiment la tradition de la ballade irlandaise, elle a offert un accès aux Japonais à travers des chansons folk américaines comprenant du violon, de la guitare ou de l'harmonica, instruments qu'on retrouve dans la musique traditionnelle celtique.

 

Ce que nous savons aussi, c'est qu'une communauté bretonne très dynamique existe au Japon, comme dans tous les pays où j'ai joué en concert ! Dès que les Bretons sont plus de deux, ils semblent se regrouper (rires). La culture bretonne est vivante aussi au Japon. On y fête la Saint Patrick par exemple !

 

 

Plus de photos de la tournée japonaise de Cécile Corbel sur sa page officielle Facebook.

 

- Site officiel
- Page Myspace

 

Un grand merci à Cécile Corbel et à Simon Caby pour leur gentillesse et leur temps. Les photos de Cécile Corbel sont ©Cécile Corbel et les photos du film Karigurashi no Arrietty sont ©GNDHDDTW.

 


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