Toriko x One Piece 3D

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Dossier publié le 15/04/2011 à 06:23

 

 

Quand le magazine Jump et Tôei Animation ont annoncé la production de moyens-métrages de ses franchises One Piece et Toriko, les réactions ont été plutôt mitigées, notamment au sujet du recours aux images de synthèse pour One Piece. Nous avons pu voir les films en question et sommes maintenant en mesure de formuler un avis à leur sujet.

 

 

Toriko, Kaimaku Gourmet Adventure

 

La projection commence avec Toriko, Kaimaku Gourmet Adventure, un film de quarante minutes inspiré du manga de Mitsutoshi Shimabukuro. Sérialisé dans le Shônen Jump depuis août 2008, il n'a connu les honneurs d'une adaptation en dessin animé qu'au début du mois d'avril 2011, après néanmoins quelques incursions rapides sous forme d'OAV à la Jump Festa, en 2009 et 2010.



Après s'être bien calé dans son fauteuil et avoir mis ses lunettes 3D pour découvrir les vagues du logo de la Tôei en relief, on est fin prêt à voir ce que donnent les aventures du héros gourmet. Premier constat : l'animation est en 2D traditionnelle et l'effet de profondeur donne l'impression de discerner parfaitement les différents cellulos créés. Les effets gratuits de relief sont rares et l'ensemble est très lisible.



L'histoire de Toriko se passe dans un monde dont les habitants ont pour idéal de goûter à de nouvelles saveurs. L'un des gourmets les plus respectés et les plus reconnus de ce monde s'appelle Toriko et c'est précisément lui que recherche Peck, le jeune héros de ce moyen-métrage. Pour trouver un gourmet du calibre de Toriko, quoi de mieux que de se rendre au « marché des gourmets », où sont vendus et préparés les mets les plus savoureux de ce monde ? Incapable de le trouver, Peck insiste auprès de Tom, un grossiste ami de Toriko, qui finit par l'emmener – ou plutôt par l'abandonner – sur l'île où il est parti chasser.



Accueilli par un immense porc rouge, Peck se lance dans une course effrénée dont le dénouement heureux sera garanti par Toriko en personne. Peck lui demande alors de l'aider à chasser Gerold, l'oiseau géant à cinq têtes qui sème la terreur dans son village. L'indice de capture de l'animal en question est au minimum de six et, bien qu'il faille environ dix chasseurs professionnels pour abattre une proie de niveau un, la seule chose qui vient à l'esprit de Toriko à l'idée quand il pense à cet oiseau, c'est de le manger.



Si Toriko se trouve si souvent associé à One Piece, c'est non seulement parce son auteur est un ami d'Oda et qu'il est publié dans le même magazine que lui mais aussi parce que l'humour et l'esprit des deux séries sont très proches, au point qu'ils aient été associés dans un épisode spécial au début de cette saison.

 

 


©Mitsutoshi Shimabukuro / Comité [2011 Toriko]

 

 

 

One Piece 3D Mugiwara Chase



Le parti pris graphique est tout autre dans One Piece 3D Mugiwara Chase, avec une animation en images de synthèse qui fait franchement penser à ce qu'on pourrait avoir sur la prochaine génération de consoles de salon (soyons clairs, la Playstation 3 n'est pas capable de calculer ce genre de choses) avec des textures très jolies mais pas forcément faciles à appliquer aux dessins d'Eiichirô Oda. Finalement, on a l'impression de personnages et de décors à mi-chemin entre le toon-shading et le rendu réaliste et c'est davantage les voix et situations comiques familières aux fans que l'aspect graphique qui permet au film de ne pas se perdre.

 

 


  ©Eiichirô Oda / Comité [2011 One Piece]

 

 

Une fois la surprise graphique passée, on prend donc plaisir à suivre comme d'habitude la fougue de Luffy, particulièrement mise en valeur dans ce film, puisqu'il repose sur ce simple synopsis : « En se réveillant un matin, Luffy découvre que son chapeau de paille a disparu ». Très attaché à cet objet reçu de Shanks le Roux, qui lui a jadis sauvé la vie, Luffy part à la chasse de l'aigle géant qui le lui a volé. Si certains mouvements de caméra font très « jeu vidéo » et nuisent un peu à la mise en scène, le passage où Luffy gêne un par un les membres de son équipage en cherchant son chapeau devrait rester dans les annales et apaiser les réticents aux images de synthèse.

 


Dans ce film aussi, l'impression de relief est très bonne mais elle est parfois un peu fatigante, ce que l'on mettra au choix sur le compte d'yeux pas habitués à la 3D ou d'un Luffy trop agité qui parcourt cinquante kilomètres en trente minutes ! Il ne serait pas exagéré de dire qu'on se croirait dans un cinéma dynamique quand on suit le héros se balancer de piton rocheux en bateau tant les choix de caméra sont pensés pour en mettre plein la vue. Ceux qui avaient hâte de voir Nami et Robin en 3D seront « servis » : oui, l'ensemble de leur corps est animé, sans que l'on tombe pour autant dans le fan service gratuit.

 

 

 

 

 

Finalement, une fois la projection terminée, on a le sentiment d'avoir passé un très bon moment sans pouvoir s'empêcher de penser que soixante-dix minutes (quarante pour Toriko, trente pour One Piece) sont légèrement trop courtes pour deux films. Aura-t-on la chance de voir un jour ces films sur les écrans français ?

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